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Quelle est cette maladie ?

L’aorte est la plus grosse artère du corps. Elle part du cœur en direction de la tête, décrit une « crosse  » puis descend à l’intérieur du thorax (Aorte thoracique). Elle traverse enfin le diaphragme et pénètre dans la cavité abdominale (Aorte abdominale) où elle irrigue tous les organes. Finalement, elle se prolonge ensuite, en regard du nombril, en deux artères iliaques qui irriguent les membres inférieurs.

Les parois de l’aorte ont des propriétés élastiques et elle se déforment cycliquement au rythme des contractions du coeur permettant de transformer le débit pulsé du coeur en un débit continu pour alimenter les organes. Sous l’effet de contraintes multiples un segment d’artère peut progressivement augmenter de calibre et ainsi subir des tensions pariétales proportionnelles au calibre du vaisseau qui exposent à la ruputre du vaisseau. Vidéo explicative

.Comment se forment les anévrismes ?

L’anévrisme fusiforme athéromateux, résulte de modifications de la paroi artérielle sous l’action de differents facteurs : anomalie héréditaire de l’élasticité des vaisseaux, fragilisation des parois sous l’action combinée de l’hypertension artérielle, de l’excès de cholestérol et du tabagisme. On retrouve plus fréquemment un anévrisme de l’aorte chez les patients ayant fait un infarctus du myocarde. L’anévrisme de l’aorte touche cinq fois plus souvent les hommes que les femmes, Il peut etre unique mais dans la moitié des cas d’anévrisme athéromateux de l’aorte sous rénale, on retrouve des localisations anévrismales associées au niveau thoracique, iliaque, fémoral ou poplité

L’augmentation de calibre du vaisseau peut également se faire par le développement d’un « sac » appendu à la paroi du vaisseau en regard d’une zone de faiblesse. On parle alors d’anévrisme sacciforme, qui ont souvent une origine infectieuse plus que dégénérative.

Evolution et symptômes d’un anévrisme

À mesure que l’anévrisme grossit, la paroi de l’aorte se fragilise de plus en plus. Le risque de séparation de deux couches de l’artère (dissection) ou de déchirement complet de celle-ci (rupture) augmente. La dissection et la rupture sont des accidents très douloureux, qui mettent en danger le pronostic vital. La personne concernée risque une hémorragie interne rapide. Même lorsqu’une opération d’urgence est effectuée immédiatement, plus de la moitié des patients meurent.

La plupart des anévrismes de l’aorte abdominale ne présente pas de symptômes jusqu’au moment de la rupture. Ils sont principalement diagnostiqués de manière fortuite lors d’examens médicaux réalisés pour d’autres pathologies. Parfois, une masse pulsatile (qui présente des pulsations) peut être palpée au niveau de l’abdomen si l’anévrisme est très volumineux ou le patient très maigre.

Le symptôme le plus courant est la douleur abdominale ou dorsale. Elle témoigne de la rupture ou de la fissuration de l’anévrisme. Le patient doit être opéré en extrême urgence afin de stopper ou prévenir l’hémorragie. L’anévrisme peut aussi parfois libérer des débris de caillots qui vont alors occlure les artères au niveau des jambes. Plus rarement, il peut comprimer les structures adjacentes telles que l’intestin, les voies urinaires ou les veines iliaques.

C’est pourquoi, en cas d’anévrisme de plus de 5 cm de diamètre, une opération sera envisagée pour stabiliser l’aorte et empêcher un déchirement partiel ou complet.

Un petit anévrisme ne représente qu’un faible risque pour la santé et doit être contrôlé régulièrement par écho-doppler, une ou deux fois par année. les facteurs de risque doivent être gérés : traitement de l’hypertension artérielle et arrêt du tabac.

Diagnostic et traitement de l’anévrisme aortique

Le premier examen à effectuer pour diagnostiquer un anévrisme de l’aorte abdominale est un examen écho-Doppler au niveau de l’aorte abdominale, examen réalisé par un médecin vasculaire, un cardiologue ou un radiologue. Cet examen permet également de rechercher d’éventuels anévrismes associés, particulièrement au niveau des artères fémorales (artères au niveau des jambes) et poplitées (artères au niveau des genoux); ceux-ci étant présents dans 25% des cas. Si l’anévrisme est confirmé et une intervention envisagée, un scanner abdominal est effectué pour évaluer précisément l’anatomie de l’anévrisme, les dimensions, les relations avec les organes et les autres vaisseaux.

Dépistage : un echodoppler abdominal de dépistage est recommandé chez tous les hommes fumeurs de plus de 65 ans, ou des 50 ans pour ceux ayant un parent de premier degré connu pour un anévrisme de l’aorte abdominale. Ce dépistage devrait en toute logique etre proposé aux femmes.

Traitement de l’anévrisme

Il repose actuellement sur deux méthodes:

– la voie chirurgicale : la partie de l’aorte présentant un anévrisme est remplacée par une prothèse aortique tubulaire. Cette technique peut se réaliser par une ouverture de la paroi abdominale mais également par coelioscopie, à l’aide d’un robot

– la voie endo-vasculaire : méthode plus récente qui consiste à introduire un cathéter dans l’aorte en passant par l’artère fémorale. Le cathéter permet d’introduire et déployer dans l’aorte une endoprothèse, c’est-à-dire un petit tube métallique grillagé destiné à la soutenir et à limiter la dilatation.

Les deux méthodes ont des avantages et des inconvénients. Pour déterminer la méthode qui convient à chaque cas, une consultation et un entretien avec les médecins et chirurgiens vasculaires spécialistes sont indispensables

source fédération suisse de cardiologie

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